5 questions à Bertrand Pigeat, nouveau Président de l'IFACI

28 Juin.
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5 questions à Bertrand Pigeat, nouveau Président de l'IFACI

Élu le 6 mai dernier, Bertrand Pigeat succède à Jean-Marie Pivard comme nouveau Président de l’IFACI. Directeur de l’audit et du risque du groupe Michelin, il nous explique ce qui l’a conduit à devenir candidat et quelles sont ses ambitions et ses projets pour l’Institut.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à vous présenter à la présidence de l’IFACI ?

Mon premier contact avec l’IFACI remonte à avant même ma prise de poste en tant que Directeur de l’audit et des risques de Michelin. Je me suis rendu, pour me préparer à cette nouvelle mission, à la Conférence de l’IFACI qui avait lieu au Beffroi de Montrouge pour la première fois je crois. N’ayant pas un passé d’auditeur, j’ai beaucoup appris en très peu de temps. J’ai aussi pu constater qu’avant d’être un « réseau métier » qui aurait pu être un peu fermé, auto-centré, l’Institut faisait preuve d’une grande ouverture sur l’extérieur. Cette ouverture est probablement le reflet de positions assez uniques dans nos structures professionnelles respectives sur nos métiers d’audit, de risque ou de contrôle interne, d’un besoin naturel d’échanges avec nos pairs, de benchmark permanent. De là, j’ai commencé à participer à des groupes de travail, puis j’ai rejoint le Conseil d’Administration il y a deux ans. C’est un lieu d’échanges très constructifs où s’expriment des points de vue véritablement variés. Un cheminement progressif, qui m’a amené ensuite à cette candidature à la présidence de l’institut.

 

C’est avec une toute nouvelle équipe que vous succédez à Jean-Marie Pivard (ancien Président) à et Céline Van Hamme (ancienne Vice-Présidente). Une équipe élargie puisque vous êtes accompagné de trois Vice-Présidents, Corinne Colloc’h, Patrice Lecoeuche et Valérie Moumdjian. Pourquoi ce changement au sein de l’IFACI et en quoi cela va-t-il impacter le quotidien de l’institut ?

Nous avons construit une candidature commune afin de mieux répartir la charge de travail que cela représente entre nous quatre, de trouver le bon équilibre avec nos vies professionnelles, qui restent par ailleurs intenses. En prenant ces responsabilités, nous ne touchons bien entendu aucun revenu, mais nous avons le plaisir de participer à l’évolution de nos métiers. Nous nous connaissons, nous avons déjà travaillé ensemble et nous avons des profils complémentaires. Nous nous répartirons les dossiers en fonction de nos expertises et de nos curiosités respectives. Il y a quelques sujets qu’un président ne peut déléguer, mais relativement peu. Le travail en commun et la motivation de chacun sont privilégiés.

 

Le bilan de Jean-Marie Pivard et de Céline Van Hamme est très concluant puisqu’en quatre années, l’Institut a gagné 1000 adhérents, le chiffre d’affaires est en hausse (hors covid), l’IFACI a misé sur le digital en transformant ses formations ainsi que ses événements en les rendant accessibles à distance. La présence de l’institut est également accrue sur les réseaux sociaux…

C’est un très beau bilan. Jean-Marie et Céline ont mis la barre très haut ! Jean-Marie ne pouvait pas renouveler son mandat, c’est la raison pour laquelle nous devions changer de Président. Ils ont tous les deux acceptés de rester membres du conseil, nous travaillons vraiment en bonne intelligence, et ne prévoyons pas de rupture de cap entre les 2 équipes.

 

Dans quelle mesure la continuité est-elle importante pour vous en termes de lignes de conduite et d’orientations pour l’IFACI ?

La continuité est un socle de notre projet. Nous n’avons pas besoin de prendre un virage radical à court terme. Nous sommes confiants pour l’avenir. J’en veux pour preuve la décision qu’a pris le conseil, de façon unanime, de rembourser immédiatement le prêt garanti par l’État que nous avions souscrit il y a un an, par précaution, puisque à l’époque nous avions peu de visibilité sur l’avenir.

Cette continuité des choix stratégiques reste bien sûr évolutive. Nous devrons nous adapter. Mais cette capacité de l’Institut à challenger nos métiers, à observer le monde qui nous entoure pour savoir décider avec un temps d’avance fait partie des assets clés, collectifs, de la culture de l’IFACI. Donc, pas de révolution, mais l’accélération de l’incarnation de notre raison d’être : accompagner les métiers du risque en général dans leur évolution. Nous avons bien sûr un socle fort et historique d’auditeurs et de contrôleurs internes, mais nous avons aussi déjà parmi nos membres plusieurs centaines de risk managers. D’autres adhérents évoluent vers des fonctions complémentaires, liées à la RSE, à la compliance… Tous ces métiers ont beaucoup de sujets communs avec les nôtres. La chaire Audencia et le partenariat passé avec l’IFACI et la CNCC est un bon exemple de ce que nous pouvons réaliser au-delà de nos murs.

 

Quels sont les principaux enjeux que l’IFACI devra relever ces prochaines années ?

Il y a évidemment la nécessité de conjuguer avec intelligence le digital et la proximité physique à laquelle nous aspirons à court terme. Savoir évoluer dans le monde volatile qui nous entoure, qui reste imprévisible, et rempli d’opportunités. Conserver le sens de nos métiers, garder la qualité de la relation humaine individuelle et étendre nos travaux à toute la culture collective qui fait au final la performance de nos entreprises, sans jamais relâcher l’œil critique, au sens noble, qui nous fait lire les faits avec du recul. Et là, je me réfère à la formidable intervention de Julia de Funès lors de la conférence 2019, qui n’a duré que 15 minutes mais qui est resté ancrée dans ma mémoire et certainement dans celle de beaucoup de participants… Nous devons avoir pour objectif de conserver le petit coup d’avance qui fait que l’IFACI ouvre des perspectives à nos adhérents et que nous éclairons le champ des futurs possibles et des futurs souhaitables. Notre Institut doit rester un espace de respiration et d’inspiration. Et enfin l’un des grands enjeux sera aussi de mieux connaître nos adhérents. Il serait difficile aujourd’hui de dresser un portrait-robot de l’adhérent type de l’IFACI. Or, pour bien servir les membres de notre communauté, il faut bien les connaître.

 

Quels nouveaux projets souhaitez-vous conduire pour les adhérents ?

Je pense que nous avons un rôle actif et déterminant à jouer sur la mobilité professionnelle. Nous sommes 6 500 adhérents, c’est notre but principal. Certains exercent dans le secteur public, d’autres dans des associations, la majorité de nos adhérents dans le privé, dans des structures de toutes tailles, PME, ETI, grandes banques, assureurs…  ou, comme moi, dans l’industrie. Les besoins de création de poste ou d’évolution de ces structures, existantes ou à venir, sur les métiers du risque en général, doivent pouvoir rencontrer simplement, de manière sécurisée et fluide, les aspirations individuelles de ceux de nos adhérents qui souhaitent évoluer. Ce projet n’est pas mûr, mais la réflexion démarre.

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