En savoir plus sur la conférence IFACI 2021 avec Jérôme Cohen, membre du comité des programmes et animateurs lors de la conférence, Président d'Engage.

29 Oct.
4 mn de lecture

Pouvez-vous vous présenter et présenter ENGAGE ?

Jérôme Cohen : Après des études de management mais aussi d’art, j’ai commencé ma carrière chez Warner avant de rejoindre le groupe Elf Aquitaine en Turquie. Je suis devenu ensuite consultant en stratégie. Là, je me suis rendu compte que j’étais souvent en dissonance avec le mode managérial des entreprises que nous devions accompagner. Petit à petit je me suis dirigé vers des activités qui me convenaient mieux. J’ai ainsi participé à la création de plusieurs forums économiques et politiques, avec une forte dimension sociétale, comme le Women’s Forum, que j’ai dirigé pendant quelques années. J’ai aussi co-fondé les Young Mediterranean Leaders, qui ambitionne de faire de la région méditerranéenne une zone plus solidaire et intégrée.
Conscient qu’arriver à des résultats tangibles nécessitait un engagement fort à tous les niveaux de la société, j’ai décidé de créer ENGAGE*, dont la mission est de permettre aux citoyens et aux entreprises de se saisir des grands défis qui s’ouvrent : les grandes questions environnementales, de démocratie, d’inégalité sociale, de gouvernance, de technologie, avec une démarche éthique tournée vers l’action.

ENGAGE développe aujourd’hui quatre activités : une université (qui forme sur les sujets liés à la transition) ; une activité d’ONG pure en lançant de grands défis liés à ces enjeux, comme la biodiversité ; ENGAGE corporate qui accompagne des entreprises dans leur transformation, depuis l’inspiration et l’acquisition de connaissances jusqu’à l’émergence de projets d’impact capables de transformer l’entreprise depuis sa raison d’être jusqu’à sa gouvernance ou son business model ; et enfin ENGAGE city, un lieu à Paris dans lequel nous accueillons beaucoup d’entreprises à impact travaillant dans les domaines de l’éducation, du climat ou de la santé, notamment.

 

Comment se déroulent les ateliers que vous animez, comme lors de la Conférence de l’IFACI ?

J.C. : J’anime en fait plusieurs types d’ateliers. Un atelier que je qualifierais « de réseau », destiné à permettre aux participants de réfléchir concrètement et d’échanger sur leurs pratiques face aux différents changements qui ont lieu ou qui vont advenir. J’anime également un atelier d’art oratoire (« Inspirer et convaincre »)…. Des ateliers tous différents, qui traitent des compétences qui nous paraissent fondamentales aujourd’hui pour devenir un acteur conscient, efficient, capable d’accompagner la transformation de l’entreprise et de la société dans ce monde en mutation. Notamment dans le monde de l’audit et du risque, où beaucoup de tâches vont être automatisées via les nouvelles technologies, et où l’on demandera de plus en plus à l’auditeur de revenir à son métier d’origine, fondé sur l’écoute, la créativité, la compréhension du monde dans toute sa complexité (avec l’intégration de nouveaux risques sociétaux, comme le climat et la biodiversité ou la cybersécurité). Il lui faudra certainement avoir une approche plus systémique des risques et des enjeux en devenant contributeur de l’analyse et de la résilience future de l’entreprise, un acteur plus engagé, et en acquérant donc les compétences nécessaires tout en travaillant de plus en plus en collaboration et en développant sa capacité à convaincre (d’où l’intérêt d’un atelier d’art oratoire). Les dimensions humaines vont prendre de plus en plus le pas sur les dimensions purement techniques.

Le trait commun entre tous ces ateliers, c’est qu’ils apportent à la fois des bases théoriques et des bases d’expérimentation. Avec des intervenants qui maîtrisent évidemment le fond, c’est fondamental, et qui sont en même temps capables de faire toucher la pratique, même dans un temps réduit.

 

Les ateliers d’« échange entre pairs » vont eux être résolument tournés vers le partage d’expérience ?

J.C. : Oui, ce sont de véritables initiateurs de rencontres qui incitent à travailler ensuite ensemble sur des enjeux communs, y compris entre entreprises concurrentes. Les problématiques sont les mêmes pour tous. Certains participants vont être plus avancés sur une thématique et auront déjà acquis des compétences utiles. Les thématiques choisies pour ces ateliers sont des thématiques très « métier », avec notamment « la lutte contre la fraude » ou « l’audit à distance »…

 

Un atelier va également être consacré à « comment rendre les métiers du risque plus attractifs »

J.C. : Là, c’est fondamental, car ce sont des métiers qui sont aujourd’hui souvent difficilement considérés, avec des problématiques de recrutement. Alors que ces métiers vont devenir éminemment stratégiques, liés à des enjeux sociétaux, avec des compétences requises plus humaines – des soft skills – et seront, en cela, de plus en plus attirants. Là encore, un échange d’expérience permettra de savoir ce qu’ont mis en pratique les uns et les autres pour attirer des candidats peut-être plus jeunes, par exemple, en insistant sur la dimension environnementale…

Ce sont des métiers qui se sont beaucoup transformés ces dernières années, notamment avec l’informatisation, puis récemment avec la crise sanitaire qui a contraint à moins voyager et a bouleverser les pratiques. Et enfin bien sûr avec l’émergence de risques sociétaux qui sont déjà des risques à court et moyen terme pour l’entreprise.

 

Que diriez-vous que les participants acquièrent principalement en participant à ces ateliers ?

J.C. : Sur les ateliers de développement de compétences, je dirais que c’est d’abord la possibilité d’avoir une vision un peu différente de leur métier. Un enrichissement par rapport à des approches ou des pratiques qu’ils ne connaissent pas suffisamment, ou pas toutes. D’avoir une première expérimentation qui devienne une source d’inspiration ou un déclic, qui leur donne envie d’aller plus loin dans leur formation à ces compétences.

 

* https://engage.world/

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