Faciliter la co-construction pour faire progresser collectivement l'ensemble de l'organisation

18 Fév.
2 mn de lecture

Jean-Philippe Poupard est « facilitateur ». Fondateur de Formapart*, il aide les organisations
à trouver des solutions aux situations de plus en plus complexes auxquelles elles sont exposées, en facilitant le dialogue entre les parties prenantes et en rendant efficace la co-construction. Une nouvelle approche dont les auditeurs internes pourraient selon lui s’inspirer.

Pourriez-vous vous présenter et expliquer ce qui a conduit à la création de Formapart ?

Jean-Philippe Poupard : J’ai longtemps travaillé dans la conduite du changement, en Chine, aux États-Unis et en France. Ma dernière activité salariée était dans la formation et c’est à ce moment que j’ai découvert le métier de facilitateur, qui était encore totalement inconnu en France. Nous étions en 2008, en pleine crise des subprimes, à un moment où on a pris conscience de notre incapacité à gérer correctement la complexité. Il m’est apparu évident que l’on ne pouvait continuer à travailler comme avant, de façon aussi contrôlée, taylorisée... C’est la raison qui m’a poussé à créer Formapart en 2009, pour faire connaître ce rôle de facilitateur et le développer.

Quel est exactement ce rôle ?

J-P.P. : Quels que soient les problèmes auxquels nous pouvons être confrontés, dans tous les domaines – transition écologique, inégalités sociales, risques industriels...- ils sont tellement interconnectés qu’il ne faut pas chercher systématiquement à tout simplifier. Le facilitateur embrasse cette complexité et permet à tous ses acteurs de discuter entre eux, tout en étant de culture parfois très différente. L’objectif étant de parvenir à une co-construction qui ait du sens et des solutions plus solides aux problèmes posés. Le facilitateur peut intervenir auprès de petits ou de grands groupes de personnes, en présentiel ou en distanciel.

Que peut apporter le facilitateur au métier d’auditeur ?

J-P.P. : Les auditeurs démontrent un intérêt grandissant - la « non-conférence » de l’IFACI l’a encore prouvé – aux nouvelles manières d’interagir et de travailler ensemble. Ils ont également conscience de l’importance de prendre en compte la culture dans le cadre de leur métier d’auditeur, car les principales difficultés que l’on rencontre sont d’abord les questions humaines. Or, la pédagogie et « faire » de la communication ne suffisent pas. Il faut un temps d’échange, de débat, voire de confrontation, pour amener les gens à changer de perception et à s’engager dans des changements.

Cette évolution du métier d’auditeur interne, vous la ressentez donc au cours de vos interventions ?

J-P.P. : Oui, il y a clairement une évolution. Mais il y a encore deux mondes qui se chevauchent actuellement : on le ressent d’ailleurs dans les conférences participatives que nous animons, que ce soit en distanciel comme ces temps-ci ou en présentiel. Certains sont là juste pour consommer de la bonne pratique, d’autres souhaitent écouter, échanger, imaginer d’autres possibles ensemble. Le métier d’auditeur me semble-t-il ne consiste plus uniquement à réaliser des rapports d’audit, mais doit aussi contribuer à faciliter la co-construction de solutions communes pour faire progresser collectivement l’ensemble de l’organisation.

* http://www.formapart.fr/

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